Retour à la page d'accueil

Votre recherche :

Vous êtes ici :

Historique

Les origines

Nous n’avons pas de document sur Aÿ avant l’an 1095, présentant cette commune comme une paroisse, c’est-à-dire un village de structure organisée.

Son origine reste cependant très lointaine. Vers 344 déjà, les Gallo-romains connaissent Aÿ et son vignoble. Les vins d’Aÿ sont même cités dans les ouvrages de Pline l’Ancien (23-79). En fait, on a tout lieu de croire qu’Aÿ était, à l’origine, une « villa », grande exploitation agricole gallo-romaine. « Villa qui dicitur Aÿ », lit-on dans une bulle papale de 1130.

Cette hypothèse s’appuie sur plusieurs points :
. sa désinence en « y » suggère que cette ville a été fondée par un certain Ageius. C’est pourquoi les habitants s’appellent aujourd’hui les Agéens.
. la situation même de la commune, entre une vallée inondable et une côte relativement escarpée, suppose que la principale activité était la viticulture (il n’y avait pas suffisamment de place pour la culture des céréales).

Nous savons aussi que, vers 500, Saint Rémi, évêque de Reims ayant baptisé Clovis en 496, possédait des vignes dans la région d’Epernay et qu’il eut à arbitrer un conflit entre Saint Trésain et les propriétaires vignerons agéens.
Aÿ n’était ni une forteresse, ni un carrefour. En effet, Aÿ était situé entre deux ponts romains de la Marne (l’un à Mareuil-sur-Aÿ et l’autre à Dizy). Aÿ ne s’est donc pas développé autour d’un monastère ou d’un château, mais le long d’un axe de commerce et de communication, la rivière Marne et la route la longeant.

Ainsi, à la lumière de ces éléments, l’origine de la ville d’Aÿ remonterait au IVe ou au Ve siècle.

Du Moyen-Âge au XIXe siècle

Aÿ fut naturellement administré sous le régime féodal : nous avons le nom de deux ou trois fiefs qui le divisaient, et le nom d’une rue, « la chaise Tantalis », qui conserve actuellement le souvenir de l’un d’eux. (« Chaise » signifiait, entre autres sens, « fief » dans la langue du Haut Moyen Age).

En outre, 1024 est la date probable du rattachement d’Aÿ (avec Epernay) au Comté de Champagne.

Vers le XIIIe siècle, les nobles, qui gouvernaient la France alors, accordaient ce qu’on appelle la « Charte » ou contrat, par lequel les seigneurs donnaient la liberté aux villes de s’administrer elles-mêmes. En 1312, la ville d’Aÿ a bénéficié d’une telle charte, octroyée par Louis X dit Hutin, roi de Navarre et Comte de Champagne, et confirmée par acte du roi Henri IV en 1607, qui lui a conféré son autonomie dans son administration locale jusqu’à la Révolution en 1789. Les habitants d’Aÿ, sauf la noblesse et le clergé, avaient donc le droit d’élire chaque année un maire et deux échevins. Ainsi, durant cinq siècles, la ville s’administra en démocratie directe, n’ayant d’autre seigneur que « le roi et nous-mêmes », comme le proclamaient fièrement les Agéens à l’époque.

Pendant la guerre de Cent Ans (1137-1453), et notamment en 1365, Aÿ subit plusieurs fois les pillages.

La ville d’Aÿ fut par la suite autorisée par François Ier (1494-1547) en 1514, autorisation confirmée par Henri III (1551-1589) en 1583, à faire clore et fermer leur ville de tours, murailles, portes et fossés (9 portes et 18 tours). Ces remparts et fossés furent créés au cours du XVIe siècle, puis furent concédés à la communauté des habitants de la ville par Louis XVI (1754-1793), dans un arrêt du Conseil d’Etat du 10 mars 1778. Les murailles furent démolies fin XVIIIe-début XIXe siècle, les fossés comblés et sur leurs emplacements établis les boulevards du Nord, Pasteur, Sadi-Carnot et de l’Est, laissant apparaître d’une manière certaine la tracé de l’ancienne enceinte. Les pierres des remparts servirent à paver les rues.

Jusqu’en 1651, donc bien postérieurement à Henri IV (1553-1610), Aÿ est resté dans le domaine royal, avant de passer dans celui des Ducs de Bouillon, et le titre de Sire d’Aÿ n’a pu être appliqué à l’époque qu’au roi de France, seigneur ou sire éminent d’Aÿ.

Du XVIe au XVIIIe siècle, la présence d’une forte minorité de protestants dans la population catholique ne troubla pas la tranquillité de cette ville paisible. Plus tard, bien que sincèrement acquise aux idéaux de la Grande Révolution, elle ne connut ni exécutions, ni exactions.

Au XIXe siècle, Aÿ évolua selon le développement général de ce temps, souvent en tête du progrès : creusement du canal latéral à la Marne, chemin de fer et tramway, eau courante, gaz d’éclairage, électricité… Mais aucune industrie ne s’y installa vraiment, sauf quelques scieries nées de la forêt proche.

Le XXe siècle

Au début du siècle, les temps sont durs pour les vignerons et la colère gronde. Bientôt, certains négociants sont accusés de fraude : ils assembleraient du vin champenois avec d'autres vins, moins chers, et léseraient ainsi les vignerons champenois. Ainsi, les vignerons de l'Aube, plus au sud, avaient-ils l'habitude de vendre leurs raisins aux négociants marnais pour la champagnisation.

Le 11 avril 1911, le Sénat demande au Gouvernement de supprimer la délimitation qui réserve l'appellation "champagne" à certains vignobles de la Marne et de l'Aisne. C'est le signal de la révolte dans la Marne. La nouvelle se répand comme une trainée de poudre et, bientôt, une colonne se met en route vers Aÿ, siège de maisons de négoce réputées... Le 12 avril 1911, la foule, rassemblant jusqu'à 6 000 personnes, incendia et pilla plusieurs maisons, notamment sur le boulevard du Nord.

De 1940 à 1944, bien qu’elle ne présentât aucun intérêt militaire, la ville subit plusieurs bombardements particulièrement meurtriers. L’église fut fortement endommagée et un quartier du centre de la ville complètement détruit, faisant d’Aÿ la deuxième ville sinistrée du département. Le paix revenue, on a reconstruit, urbanisé, rénové le centre, édifié écoles, collège, terrain de sport…

Découvrir Aÿ

Les émeutes de 1911

Une barricade dans les rues

Les émeutes de 1911

Le cellier de la maison Ayala

Mairie d'Aÿ, Place Henri Martin, 51160 Aÿ
Téléphone : 03 26 56 92 10 - Télécopie : 03 26 54 84 76 - Courriel : mailto: administration@ay-champagne.fr